L’école malienne : coma artificiel !

« Il n’y a pas d’école au Mali. Il ne faut pas se voiler la face. C’est le langage de la vérité. Les gens qui ne remplissent pas les critères du rang de professeur « A » se permettent de grever. La balle n’est ni du côté du ministère, ni de celui du rectorat, mais elle est dans le camp des grévistes. Je suis déçu de la situation scolaire et universitaire. » Ce sont là les paroles d’un Ministre de la République, en l’occurrence, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Ainsi, voici donc plus de 10 ans que l’école malienne traverse une crise qui ne dit pas son nom. Si ce ne sont pas les profs qui sont en grève, ce sont les élèves qui prennent le relais, surtout à l’approche ders fêtes et autres congés. Les profs de l’enseignement secondaire menacent de suspendre leur participation à la formation des futurs cadres de demain, soit en ne dispensant pas de cours, soit en faisant une rétention des notes.
Conséquence: le niveau scolaire n’a pas baissé, mais a chuté ; et cela de façon exponentielle. En effet, la grande majorité des membres de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) ont des difficultés pour vous faire une phrase: Sujet + verbe + complément (je ne joue pas).
Et nos dirigeants, qui ne font rien pour arranger la situation, revendiquent la mondialisation. Nous arriverons à un moment ou ce sont les expatriés qui vont gérer nos états. Le chargé de communication du bureau de l’AEEM/FMPOS déplore le fait que les enfants des riches sont à Bakô (derrière l’eau : en occident) et que cette situation doit changer. « Ils sont libres d’y envoyer leurs enfants, nous ici on ne veut que des conditions pour travailler.  Où se trouve cette égalité de chance qu’on ne cesse de nous chanter? »
Perso, je crois qu’il est temps que chacun se remette en cause et cherche les voies et moyens pour tirer son épingle du jeu. Le rôle des politiques est considérable et c’est pour cela que nous attendons un geste, une réforme. La prise de conscience est là et le peuple a besoin d’actions concrètes. Il urge de reformer l’école Malienne en cette nouvelle ère d’intégration au risque de ne pas sacrifier les générations, car l’intégration sous régionales demande des cadres compétitifs. Alors quelle sera la place du Mali au concert des nations ? Simple, nous ne serons même pas derniers. Pour être dernier, il faut au moins atteindre la ligne d’arrivée. Pauvre de nous et dire que certains se la coulent en douce, avec le produit de notre effort.

Est-il possible de faire des études au Mali, avec un diplôme qui reflète notre compétence? Quel héritage pour les générations futures?

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