Le « Djanjigui » : vous connaissez ?

©Seydou Camara / Deux danseuses en pleine démonstration

Si de plus en plus de jeunes maliens, à l’occasion de grandes cérémonies (mariages et baptêmes) font appel à des « DJ » locaux pour une ambiance musicale aux couleurs exotiques, il existe encore à Bamako des familles qui restent attachées à la culture musicale du terroir. La famille de feu le Général Cheick Oumar Diarra est de celles-là. En effet, il y a quelques jours, pour célébrer le mariage d’un des leurs, au quartier Niamakoro, Cité Unicef, en Commune VI, ils ont invité un orchestre de Ségou, composé de femmes virtuoses du « Djanjigui », une danse extraordinaire par son effet envoûtant et purement d’origine ségovienne. Ces femmes jouent uniquement avec des instruments de musique traditionnels : calebasses, n’gonis, tamanis, etc…
Quant aux paroles, il faut être un vrai bambara de Ségou pour comprendre la profondeur à la fois historique et mystique de ces chansons fantastiques qui racontent la gloire des rois de l’époque héroïque du royaume bambara. Ce sont de véritables cours d’histoire qui louent la bravoure et le courage de grands rois comme Damozon Diarra, Biton Coulibaly et le prince Bambougoudji. Ce dernier aurait creusé la terre et drainé l’eau du fleuve Djoliba (le Niger) jusque dans son royaume.
Selon une des chanteuses et danseuses du « Djanjigui » avec qui nous nous sommes entretenus, « ce n’est pas dans vos écoles de toubab que vous apprendrez cette danse ; pour en maîtriser tous les contours, c’est à Ségou qu’il faut aller ! » Message bien reçu.

Seydou Camara

About the Author